Ville d'Albi - Comté de Toulouse

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 diverses infos sur le moyen age

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Dame Nane

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MessageSujet: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:04

Les paysans forment les neuf dixièmes de la population mais il est très difficile de reconstituer leur alimentation. Ils n'ont pas laissé d'archives et lorsque – par chance pour l'historien – un notaire franchit leur porte, il ne prend la peine de noter que les objets de quelque valeur : or, la demeure paysanne n'en contient pratiquement pas. Rares aussi sont les réserves de céréales ou d'huile, dans un monde où il n'est pas évident d'assurer la nourriture quotidienne. De ces maigres écrits et des fouilles de villages médiévaux – sur lesquels les nôtres ont été construits – se dégage l'impression d'une grande précarité.



Une alimentation fragile




Tous n'ont pas l'assurance d'une nourriture suffisante. Si famines et disettes ont pratiquement disparu grâce à l'optimum climatique des XIe-XIIIe siècles, la multiplication des hivers froids et des étés "pourris" les fait réapparaître à la fin du Moyen Âge. Les terroirs ne peuvent plus s'étendre et il n'est donc pas possible de répondre aux besoins d'une population toujours plus nombreuse. La disette est inévitable et les ravages de la guerre de Cent Ans, la pression fiscale qui en découle et la mauvaise organisation des transports l'aggravent encore. Les paysans sont d'autant plus exposés à ces difficultés que leur ration alimentaire est dangereusement déséquilibrée.

Le primat des céréales




Partout dominent les céréales. En temps normal, la ration quotidienne de pain peut monter jusqu'à plus d'un kilogramme par personne. Ces énormes quantités de céréales procurent l'essentiel des calories, conduisant à de graves déséquilibres nutritionnels. La carence en vitamine A, exclusivement fournie par des produits animaux, entraîne des risques de cécité. La préférence pour le pain blanc, débarrassé de son, multiplie les cas de pellagre, affection cutanée. Déterminé à assurer coûte que coûte son pain quotidien, le paysan ne sépare pas toujours le bon grain de l'ivraie, qui contient un alcaloïde puissant. Les années humides, de plus en plus nombreuses, favorisent enfin la prolifération d'un parasite installé dans l'épi de seigle dont les effets neurologiques sont destructeurs : les victimes de l'ergotisme perdent souvent leurs membres, noircis par le mal.
Les nourritures de famine




Lorsqu'il n'est plus du tout possible de faire du pain, il faut bien se résoudre à consommer un peu n'importe quoi. C'est le cas en 1438, où même les légumes verts viennent à manquer à Paris – en réalité ils sont si chers que la plupart ne peuvent se les procurer. Les plus pauvres en sont réduits à cueillir des orties, qu'ils font cuire sans matière grasse, seulement à l'eau salée. Car les ressources offertes par la nature sauvage sont abondantes. Au-delà de la ceinture des champs et des jardins, les bois, prairies, landes et cours d'eau offrent les produits de la cueillette, de la chasse et de la pêche. Mais les seigneurs ruraux accumulent les restrictions à leur usage : les forêts sont transformées en réserves de chasse et les retenues sur les rivières créent des étangs dont les poissons font l'objet d'une exploitation rationnelle et intensive.

Manger à sa faim




Si l'on met à part les mauvaises années – nombreuses il est vrai –, la situation alimentaire du paysan est sans doute meilleure vers 1450 qu'elle ne l'était vers 1250. La chute de la population a entraîné une extension des espaces incultes. Les progrès de l'élevage ont accompagné la croissance de la consommation de viande : les XIVe et XVe siècles sont des siècles carnassiers, comme on n'en retrouvera plus de sitôt.
Le régime des rustres est donc devenu plus varié et, quoique délicates à établir, des rations quotidiennes d'environ 3 000 calories ne sont pas improbables. Cela n'empêche nullement les romanciers, les chroniqueurs et les artistes, qui méprisent les paysans, de les considérer toujours comme des mangeurs d'aux et d'oignons – sans doute les aliments les plus vils que l'on puisse imaginer dans le système de valeurs du Moyen Âge !
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:06

Jeux du moyen Age

Equilibre sur un tonneau
Colin maillard
Saute mouton
Funambule au dessus de l’eau poser un tronc solide mais peu large sur un grand baquet ou une rivière peu profonde ou une mare.

Quintaine a l’eau La quintaine est représentée la par un broc en terre plein d’eau dans la quelle les participants doivent cogner pour l’éclater et se faire arroser.

Pomme en l’air ( pomme attaché par un fil dans la quelle ont doit mordre sans les mains)

Palet lancer le palet le plus près du mur

Jeu de massacre

Tir a l’arc et a l’arbalète
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:06

L’artisanat urbain se distingue de l’artisanat rural par une extrême division des tâches.

L'exemple du textile
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Pour prendre l’exemple du textile, une famille paysanne est capable d’assurer à elle seule toutes les opérations nécessaires à la confection d’une toile ou d’un drap grossiers, tandis qu’en ville chaque opération différente correspond à un métier, avec sa propre organisation et ses règles de vie. De plus, l’apprêtage du tissu est bien plus élaboré en ville. Entre l’arrivée de la laine brute et la présentation d’un drap prêt pour la vente, des opérations mécaniques, manuelles et chimiques sont nécessaires : le triage de la laine, le battage, le dégraissage, le peignage ou le cardage, le filage et le dévidage. Vient ensuite le tissage sur des métiers sans cesse perfectionnés. Les dernières opérations sont le foulage, la teinture et les ultimes apprêts du drap. Ces dernières activités très polluantes sont rejetées loin du centre-ville, près des cours d’eau. Les teinturiers ont en permanence les mains en contact de produits corrosifs, d’où leur surnom péjoratif d’"ongles bleus”. À partir du XIVe siècle, les drapiers des villes organisent une industrie drapière de qualité dans les campagnes à proximité des centres urbains.
Les métiers de l’alimentation sont également très dynamiques dans les villes ; de la même manière, une hiérarchie existe entre chaque catégorie, selon des critères de spécialisation mais aussi de pureté et d’impureté : les bouchers qui font couler le sang sont tenus à l’écart. Toutes ces activités artisanales et commerciales sont peu à peu organisées au sein des corporations.









Les métiers jurés
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Le terme de corporation a été inventé au XVIIIe siècle. Au Moyen Âge, l’on parle d’art, de guilde, de hanse ou de métier, pour désigner des groupements de droit quasi public qui soumettent leurs membres à une discipline collective dans l’exercice de leur profession. Ces groupements accèdent rapidement à la personnalité juridique. Leurs statuts, approuvés et garantis par la commune et/ou le souverain, leur confèrent le monopole dans leur secteur d’activité (tout travail “libre” est dès lors interdit), les chargent de réglementer la profession et leur attribuent une police. Les membres du “métier juré” font le serment de respecter ses statuts et de s’assister mutuellement. Ce type de groupement est très diffusé dans la France du Nord.




Les métiers réglés
________________________________________

Dans le Sud, les métiers reçoivent leurs statuts de la commune, et ce sont les gardes consulaires qui assurent la police de la profession, notamment en Languedoc. Ces “métiers réglés” sont donc soumis aux ordonnances municipales. Des confréries professionnelles viennent peu à peu doubler les métiers et assurer l’encadrement religieux des artisans réunis sous la bannière d’un saint patron (saint Éloi pour les orfèvres, par exemple). La hiérarchie interne des métiers repose sur la domination des maîtres sur les compagnons et les apprentis. L’accès à la maîtrise tend à se fermer à la fin du Moyen Âge et à se transmettre au sein des mêmes familles. La vocation de la corporation consiste à défendre les intérêts du groupe, lutter contre la concurrence et organiser l’entraide sociale (secours-maladie et secours-vieillesse). À partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, les métiers participent au gouvernement des villes, ce qui n’empêche pas le développement de tensions entre métiers majeurs et métiers mineurs et à l’intérieur de ceux-ci, entre maîtres, compagnons et apprentis. Des caisses d’entraide propres aux compagnons voient le jour à la fin du Moyen Âge.
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:07

La révolution commerciale
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Les campagnes produisent des surplus agricoles (essentiellement le vin et les céréales) et artisanaux (le plus souvent textiles) qui sont échangés dans des foires locales, puis acheminés vers des foires plus importantes. Les villes constituent un foyer de demande et d’échanges très actif.



Vers l’an mil, le grand commerce se limitait au trafic de produits de luxe réservés à une infime minorité de puissants (l’aristocratie foncière) ; en l’espace de trois siècles, il s’est ouvert à des matières premières, des denrées alimentaires et des produits fabriqués devenus indispensables à des groupes sociaux plus larges (la bourgeoisie urbaine). Le terme de “révolution commerciale” n’est pas exagéré pour décrire cette évolution fondamentale pour l’ensemble de la vie économique.

De nouveaux intermédiaires

Les agents de cette activité se diversifient ; ce ne sont plus quelques spécialistes juifs et italiens, mais des intermédiaires chargés par les seigneurs d’écouler des surplus agricoles, des fils de paysans, des bateliers et des débardeurs prêts à toutes les aventures pour sortir de leur modeste condition. De plus, l’Orient musulman aux grandes villes luxueuses (Bagdad, Alexandrie, Damas) manque de matières premières : bois, fer, étain et main-d’œuvre. Cette demande incite l’Occident à exporter ces produits et des esclaves. Les Italiens prennent la place d’intermédiaires entre l’Orient et l’Occident, en fondant des comptoirs sur tout le pourtour de la Méditerranée et au débouché des voies caravanières.
Les institutions urbaines
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Quelle que soit la taille de la ville, les habitants ont un sentiment d’appartenance à une communauté originale, qui se traduit par des institutions communales, une religion civique ancrée sur les mêmes fêtes et le culte collectif d’un saint patron qui donne en général son nom à la plus grande église de la ville.

"L'air de la ville rend libre"

Des paysans quittent leur village pour s’installer en ville. Les notions de profit, d’ascension sociale et de liberté, propres à la ville, exercent une attraction certaine sur les paysans plus strictement encadrés dans les contraintes de la seigneurie, lieu de pouvoir et de prélèvement seigneurial. Un proverbe allemand du XVe siècle affirme que “L’air de la ville rend libre”, ce qui explique l’attrait qu’elle exerce sur les paysans étroitement surveillés dans le cadre seigneurial.
En ville, les bourgeois se créent de nouveaux réseaux de solidarité qui s’entremêlent : la paroisse, la confrérie et le métier, où se retrouvent des compagnons de la même profession. Une véritable culture urbaine voit le jour. La fierté citadine s’affiche au travers de la cathédrale et des symboles des institutions communales : le beffroi et le palais communal.
La constitution des communes

Les institutions communales sont le fruit d’un compromis, plus ou moins pacifique, entre le seigneur et une conjuration d’habitants pour obtenir des privilèges : droit de se réunir, de délibérer et de juger. Le mouvement d’affranchissement touche les campagnes comme les villes, qui obtiennent, soit par négociation (Bourges en 1181), soit par la violence (Laon, 1111), des “libertés urbaines”. L’emprise des seigneurs sur les villes est limitée, et ces derniers reconnaissent la montée en puissance (économique et politique) des bourgeoisies marchandes et artisanales. Le plus souvent, contre le paiement annuel d’un cens au seigneur, les habitants de la ville échappent aux multiples redevances et services que ce dernier est en droit d’exiger d’eux. L’association jurée des habitants, qui aboutit à la constitution d’une commune, obtient la confirmation écrite de ses usages et coutumes, le droit de choisir en son sein des magistrats, chargés de défendre ses privilèges et d’exercer en son nom une juridiction plus ou moins étendue. Ces franchises urbaines permettent aux marchands, majoritaires dans le mouvement communal, d’échapper aux tracasseries féodales et d’exercer leur métier en toute sécurité. Dans ce sens, ce mouvement prolonge celui de la paix de Dieu, apparu dès la fin du Xe siècle. Dans un premier temps (au XIIe siècle), les Capétiens tolèrent ces franchises urbaines, puis, au cours du XIIIe siècle, ils reprennent en main les villes du royaume (la commune de Laon est cassée par Philippe Auguste dès 1190), exigeant une aide militaire et financière de ces “bonnes villes” placées sous leur protection.
Le temps des marchands
Il serait anachronique de confondre ce mouvement municipal avec une pré-démocratie urbaine, dans la mesure où il est rapidement confisqué au profit d’une élite constituée de nobles résidant en ville et de grands marchands ou maîtres de métiers les plus prestigieux (merciers, pelletiers).




Ce nouveau corps politique crée ses propres institutions : conseil d’échevins ou de consuls, dirigé parfois par un magistrat élu pour une année (maire ou bourgmestre). En Italie du Nord et du Centre, ce mouvement aboutit à la création de quasi-républiques urbaines qui imposent durement leur domination aux campagnes environnantes (contado). Ailleurs, le mouvement établit une autonomie très inégale selon les régions et les périodes, en matière de fiscalité, de droit, de défense et d’esprit public. Les monuments emblématiques du mouvement communal sont l’hôtel de ville avec son beffroi, dont les cloches rythment “le temps du marchand” par opposition au “temps de l’Église” (J. Le Goff). Ces institutions produisent leurs propres archives authentifiées par leur sceau et conservées avec le trésor dans la salle du conseil. Des chroniques urbaines transmettent la mémoire propre à la ville. Celle-ci se mobilise dans des grandes cérémonies collectives : processions liturgiques et entrées royales (souvent mises en images) ; on a pu évoquer à ce sujet une véritable “religion civique”.
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:08

Les étapes de l'enfance


Certaines étapes de l'enfance, absentes des différentes théories des âges de la vie, apparaissent néanmoins aux yeux des parents et des médecins comme des moments charnières. C'est notamment le cas de la vie fœtale, sur laquelle insistent les hommes d'Église, les juristes, les médecins et surtout les parents.

Fœtus et nouveau-né


Le regard des parents

Pour les parents, le fœtus n'est pas un "tout petit animal" sans conscience : on pense qu'il a peur dans le noir, qu'il pleure et éprouve des sentiments, qu'il s'ennuie ou, au contraire, qu'il joue dans le ventre de sa mère, qu'il peut tomber malade et qu'il a déjà besoin d'un ange gardien. On croit aussi qu'il peut décider par lui-même de ne pas naître et de remonter haut dans l'utérus maternel : c'est ainsi que Guibert de Nogent, au XIe siècle, explique sa naissance difficile. Le fœtus sait déjà prier Dieu ; il peut donc être béni in utero.

Le regard des médecins

Pour les médecins, le fœtus est un enfant à part entière. Il mérite ce nom dès lors qu'il prend forme humaine, comme l'affirme Constantin l'Africain au XIe siècle, et qu'il a reçu le don de l'âme, par infusion. Pour Barthélemy l'Anglais, encyclopédiste du XIIIe siècle, l'animation du corps se produit au 46e jour de grossesse, sans considération de sexe, alors que pour Aristote, suivi en cela par l'Église médiévale, elle s'effectue quarante jours après la conception pour les garçons et quatre-vingt-dix jours après pour les filles. Ensuite, le fœtus n'est pas indifférencié : les médecins médiévaux, s'inspirant des traités hippocratiques, ont appris à s'intéresser successivement au "fœtus de sept mois" ou au "fœtus de huit mois".

Le regard des juristes

Pour les juristes, le fœtus n'a droit au nom d'"enfant" qu'après la naissance. Avant, il est appelé "fruit" ou "ventre enceint" de la mère. Mais c'est une "personne" à laquelle on reconnaît certaines capacités ; les clercs d'Église ou de justice en veulent pour preuve un passage de l'Évangile de Luc où il est dit que Jean-Baptiste tressaille dans le ventre d'Élisabeth au moment où celle-ci croise Marie enceinte de Jésus. Le fœtus a une conscience éveillée, il a donc des droits. En particulier, et contrairement à aujourd'hui, il est considéré comme un héritier à part entière : un père peut doter sa fille à naître ou réserver une part d'héritage pour son fils en gestation, en vertu de l'adage juridique selon lequel "celui qui est encore à naître ne doit pas être lésé". Le fœtus reçoit son statut d'homme libre ou de serf in utero. Par conséquent, il peut être frappé de taxes sur sa personne : aux péages, où les juifs sont soumis à une taxe corporelle sur leurs déplacements, un fœtus peut être imposé à un peu plus de la moitié du coût d'un adulte mâle, comme on le voit au péage de Châlons, à la fin du XIVe siècle.
Le premier cri

Toujours pour les juristes, le nouveau-né n'acquiert pas son statut d'enfant au moment précis où il naît, mais quelques secondes plus tard, quand il pousse son premier cri. Ce cri est considéré comme un acte juridique : le bébé réserve ainsi son héritage paternel, s'il est orphelin de père, et, s'il meurt avant sa mère, celle-ci pourra en hériter ; à son tour, il transmet l'héritage à sa mère en mourant. Grâce au premier cri de l'enfant, le père pourra conserver la dot de son épouse morte en couches au lieu de la restituer aux parents de cette dernière, comme le veut la coutume. Faire crier l'enfant à la naissance est donc une absolue nécessité pour bien des familles.

La petite enfance


L'âge de la parole

L'âge de 3 ans est considéré comme le début de la lente transformation de l'enfant en adulte ; c'est l'âge de la parole, de la maîtrise de la marche et de la course, de l'habileté manuelle. Les cas exemplaires ne manquent pas : c'est à 3 ans, est-il dit, que la Vierge Marie entra au Temple pour y recevoir sa première instruction, et c'est dès cet âge que l'Enfant Jésus manifesta l'"esprit de science". Un texte moralisateur et didactique (destiné à connaître un vif succès jusqu'au XIXe siècle) s'intitule : De l'enfant sage qui n'avoit que trois ans. De même, les héros de romans médiévaux sont savants dès 3 ans ; c'est le cas du petit Lancelot, doté d'un précepteur à cet âge. Les aristocrates, qui apprécient les enfants précoces, se conforment à ce modèle. 3 ans est justement l'âge auquel on fait fabriquer un livre d'heures pour un petit dauphin de la fin du XVe siècle, Charles Orland. Les conceptions religieuses et romanesques concordent et influencent directement la vie des enfants.
L'âge du jeu
L'âge de 5 ans, qui revient constamment sous la plume des gens de lettres et des hommes d'Église, est considéré comme un âge de pré-raison. Tel demande à ses parents à recevoir l'habit des franciscains, telle autre a des visions mystiques ou se soucie déjà de faire la charité aux pauvres. Un enfant de 5 ans peut être touché par la grâce divine ou, tel Saint Louis, accomplir un miracle. Les parents estiment que c'est le moment de commencer l'éducation de leurs enfants, même s'ils ne vont pas encore à l'école et n'ont pas atteint l'âge de raison.

L'âge de 5 ans est surtout considéré comme l'âge du jeu. Pour Barthélemy l'Anglais, au XIIIe siècle, les enfants de moins de 7 ans ne pensent qu'à "jeux et ébattements" ; c'est pourquoi, même s'ils sont laissés libres de s'ébattre dans la rue, où ils ne manquent pas de commettre des bêtises, voire des vols, les parents devraient encore les surveiller. Le pédagogue Philippe de Novare mentionne un adage, semble-t-il répandu en son temps : "Toujours dit-on que l'on doit protéger son enfant contre le feu et l'eau jusqu'à ce qu'il ait passé sept ans."

L'âge de raison


Partout en Occident, 7 ans marque une césure : c'est l'"âge de raison". Les enfants sont alors considérés comme des paroissiens à part (presque) entière : tous, riches ou pauvres, nobles ou paysans, ont l'obligation d'assister à la messe du dimanche et, depuis le milieu du XIIIe siècle, d'apprendre les prières majeures (le Notre-Père et le "Je vous salue Marie", en latin). L'enfant de cet âge est jugé capable d'assumer des responsabilités matérielles, il commence à comprendre la différence entre le bien et le mal, et il est susceptible d'être puni. Un texte didactique, intitulé La Discipline des jeunes gens aprez l'age de VII ans, est souvent recopié dans les manuscrits médiévaux.
La scolarisation

Dès l'approche de l'âge de raison, l'enfant doit être scolarisé (à 6 ans selon Avicenne) et socialisé. 6 ans est aussi l'âge de l'apprentissage du jeu d'échecs, selon Gui de Nanteuil. À partir de 7 ans, tout enfant est par conséquent jugé bon pour l'école, pour l'enseignement en latin du chant d'Église et pour l'initiation aux bonnes manières. Dans l'idéal, les pédagogues souhaitent que la transition soit douce et que les parents se montrent tolérants, car l'enfant ne devient évidemment pas raisonnable le jour même de son anniversaire. Barthélemy l'Anglais dit qu'il est inutile de frapper un enfant en dessous de l'âge de 7 ans car il ne peut comprendre pourquoi il est puni et en tirer profit. Aldebrandin de Sienne conseille aux parents d'engager un pédagogue qui ne fonde pas sa méthode éducative sur les coups…
Les premiers travaux

Il n'est pas conseillé de mettre les enfants de cet âge au travail, sauf exception. C'est le cas dans le domaine de la chasse. Gaston Phébus, prince du Béarn et auteur d'un traité cynégétique, estime que, pour obtenir des veneurs compétents, il faut les former progressivement à cette tâche dès l'âge de 7 ans. Mais il laisse entendre que 12 ans serait plus convenable pour la formation professionnelle et s'étonne de la précocité de l'"enfant d'aujourd'hui [qui] en sait plus de ce qui lui plaît" qu'un enfant de 12 ans autrefois.

En sélectionnant de si jeunes enfants, Gaston Phébus innove : au siècle précédent, Frédéric II de Hohenstaufen, dans l'Art de la chasse à l'aide d'oiseaux qu'il fit composer pour son fils Manfred, n'était guère partisan de donner aux jeunes la possibilité de s'exercer au dressage des faucons : "Qu'il ne soit pas d'un âge trop tendre pour ne rien entreprendre contre les règles de l'art par puérilité. Car les jeunes ont coutume d'être insatiables et de se délecter à la vue de vols nombreux […]. Pourtant, il ne faut pas complètement les écarter s'ils sont particulièrement avisés." À la même date, le pédagogue royal Gilles de Rome affirmait fortement que, de "l'âge de 7 ans jusqu'à 13 ans, les enfants ne doivent pas entreprendre de grands travaux, ni faire les œuvres de chevalerie, pour que leur croissance ne soit pas empêchée".
Mais il en allait sûrement autrement dans les milieux sociaux les moins protégés. Ainsi, les rares autobiographies médiévales d'enfants de milieux modestes montrent que ces derniers sont mis au travail bien plus jeunes. C'est par exemple le cas de Jean de Brie, devenu berger du roi de France, et auteur d'un traité d'élevage où il explique qu'il a commencé à garder les troupeaux "alors qu'il n'avait que 8 ans, à l'âge où les enfants ont des poux dans la tête" ; il semble sous-entendre qu'il en a été chargé à un âge particulièrement tendre, plus, peut-être, que la plupart de ses contemporains. Mais il ne s'agissait que d'oies et d'oisons. Un an et demi plus tard, on lui confie la garde d'un troupeau de pourceaux, rôle bien plus dangereux : "Le soir, au retour des champs et pâtures, ils s'en revenaient si vite et si vigoureusement que ledit Jean, qui était alors bien jeune, ne pouvait les retenir ni les rattraper."
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:09

L'âge des responsabilités



L'autonomie

10-11 ans est une phase charnière, juste avant l'âge adulte. Jusque-là, les parents avaient l'obligation de les surveiller de près : "Vous savez que, depuis leur naissance jusqu'à ce qu'ils aient 10 ans passés, les enfants sont en trop grand péril de mort et de maladie", rappelle le juriste Philippe de Beaumanoir au XIIIe siècle. Désormais, ils sont censés pouvoir se prendre en charge. Ainsi, le petit Jean de Brie se voit confier de nouvelles responsabilités : il mène l'attelage de chevaux à la charrue, puis garde un troupeau de dix vaches à lait avant de s'occuper de vingt-quatre agneaux "doux et innocents". Vers 11 ans, "vu que ledit Jean croissait en âge et en science pour la garde des animaux", on lui laisse la garde d'un troupeau de vingt-six moutons. Il assurera ce rôle jusqu'à 14 ans, âge auquel on lui confiera cette fois deux cents brebis…
Pour les juristes scandinaves du Moyen Âge, l'enfance s'arrête à 10 ans accomplis : "On appelle enfant un enfant jusqu'à 10 ans." C'est l'âge à partir duquel apparaît la responsabilité morale. Selon Jean Gerson, chancelier de l'université de Paris en 1395, "les enfants en qui Dieu a mis loquance et raison […] au moins depuis qu'ils ont passé 10 ans, ils ont franc arbitre de bien faire ou mal". Néanmoins, il ne faut pas les soumettre aux tentations : Jean Gerson explique aux parents qu'il faut dès cet âge séparer les filles des garçons et veiller à ce qu'ils ne dorment plus dans le même lit…
La majorité

12 ans constitue un moment clé dans la vie des jeunes. En Europe occidentale, c'est l'âge de la majorité pour les filles et celui d'une pré-majorité pour les garçons. Dans le monde scandinave, la période comprise entre 12 et 15 ans est une phase de semi-responsabilité juridique. Partout, la parole des préadolescents est prise au sérieux. Ainsi, 12 ans est l'âge minimum pour prêter serment et le témoignage d'un jeune de cet âge est jugé recevable dans une affaire criminelle. Les juges estiment en effet que sa mémoire est digne de confiance depuis deux ans déjà : les enfants ne peuvent témoigner dans un procès s'ils ont moins de 12 ans, mais on enregistre tout de même leur témoignage, qui devient recevable deux ans plus tard, à leur majorité, "car on se souvient bien de ce que l'on voit dans l'enfance à l'âge de 10 ou 12 ans", dit-on.
De même, les jeunes de 12 ans peuvent prendre des décisions qui engagent leur vie : à partir du XIIe siècle, c'est l'âge à partir duquel un oblat, remis au monastère dans son enfance, a le droit de décider de renoncer à la vie conventuelle. En milieu laïque, un jeune garçon de 12 ans peut décider de conclure une transaction commerciale ; cependant, du fait de sa jeunesse, il a encore le droit à l'erreur : pour réserver ses droits, on lui concède la faveur de pouvoir y renoncer une fois parvenu à l'âge adulte, c'est-à-dire à 14 ans.
En échange, les jeunes ont des devoirs : il leur faut désormais abandonner leurs activités ludiques et commencer à travailler. Une lettre de la famille Paston, datée de 1465, montre que les Anglais du XVe siècle estiment que 12 ans est l'âge auquel on doit commencer d'aider son père dans ses travaux : "Tout pauvre homme qui a élevé ses enfants jusqu'à l'âge de 12 ans trouve normal qu'à cet âge-là ceux-ci l'aident et lui soient de quelque utilité." Dans la vie paroissiale, c'est à cet âge qu'il devient inadmissible, sous peine de punition, d'ignorer le catéchisme.
L'âge de la puberté




Dès l'âge de 12 ans se pose la question délicate de la sexualité. Contrairement à l'enfance, à laquelle les lettrés attribuent la vertu de pureté, l'adolescence est très mal vue car considérée comme l'âge de l'impureté. Les médecins, tel Albert le Grand au XIIIe siècle, décrivent à loisir les modifications de l'organisme comme la mue chez les garçons, mais aussi le développement des organes sexuels et l'apparition du désir. Garçons et filles sont perpétuellement soupçonnés d'être sur le point de succomber à la tentation du péché de chair ; on redoute que les filles ne tombent dans la prostitution et que les garçons, frustrés par la perspective d'un mariage tardif, ne se laissent aller à pratiquer le viol des honnêtes femmes, l'inceste avec leur mère ou la sodomie avec leur pédagogue. Les inquiétudes des parents et des éducateurs ne sont, dans quelques cas, pas totalement infondées. À Avignon, par exemple, à la fin du Moyen Âge, les prostituées appelées "fillettes" de joie (ou ailleurs "fillettes publiques", "mignottes fillettes" et "fillettes amoureuses") entraient effectivement dans la carrière avant l'âge de 15 ans.
Comme les jeunes filles, et contrairement aux femmes mariées, les prostituées laissent flotter librement leurs cheveux, indiquant par là leur disponibilité. Elles sont le plus souvent placées sous la surveillance des municipalités, exerçant dans des "bordelages" ou "clapiers". L'organisation municipale de la prostitution a pour mission d'éviter que les prostituées ambulantes ne constituent autant d'exemples déplorables pour les adolescentes. Ces "fillettes publiques" méritent bien leur nom : elles se mettent en effet, selon les textes médiévaux eux-mêmes, "au service de la chose publique [pro servicio reipublicae]" : d'abord en détournant les jeunes des cibles à protéger du viol (les filles et femmes de bourgeois) et, accessoirement, en contribuant aux charges citoyennes (elles ont l'obligation de participer, par exemple, à la lutte contre les incendies).
La majorité des adolescents mènent une existence plus tranquille. Pour la plupart, les jeunes se contentent, comme aujourd'hui, de succomber à la fameuse "crise de l'adolescence" ; les filles se révoltent contre leur mère, qui cherche à leur interdire toute sexualité, les garçons se rebellent contre l'autorité du père, à qui ils restent soumis, matériellement, jusqu'à ce que ce dernier meure en leur laissant sa terre. La pratique de la mise en apprentissage dans des familles d'accueil évite nombre de ruptures familiales : les adolescents, sortis de leur famille, discutent alors plus volontiers avec leur maître, qui parvient mieux à canaliser leur agressivité, même si ce dernier s'est engagé par contrat à s'occuper d'eux "comme s'il était leur père".
L'âge adulte



La phase que nous appelons aujourd'hui "adolescence" correspond à ce qui était, au Moyen Âge, l'entrée pleine et entière dans la vie adulte. Sur le plan civique, en France, en Flandre comme en Italie, des garçons de 14 à 15 ans sont couramment engagés dans les milices urbaines, où ils prennent les armes. 14 ans est l'âge minimum de l'entrée à l'université, alors réservée aux hommes. Dans le monde du travail, d'autres jeunes commencent l'apprentissage dès cet âge. Dans les trois derniers siècles du Moyen Âge, l'âge des apprentis fluctue en effet entre 14 et 25 ans. Enfin, 14 ans est considéré par un pédagogue d'Église tel que Jean Gerson comme "l'âge de pucelage", autrement dit l'âge auquel le garçon peut perdre sa virginité…
14 ans est l'âge auquel les filles peuvent avantageusement être mariées. Philippe de Novare l'affirme : "L'on ne devrait jamais marier un enfant mâle avant qu'il n'ait 20 ans accomplis, mais doit-on volontiers marier les filles dès qu'elles ont dépassé 14 ans…" Trop attendre serait dangereux, pense-t-on. Cependant, la réalité dément ces âges idéaux, surtout valables dans la haute aristocratie : pendant les trois derniers siècles médiévaux, l'âge au mariage oscille plutôt entre 27 et 30 ans pour les garçons, 17 et 19 ans pour les filles.

15 ans est l'âge auquel est fixée la fin de l'enfance. Comme l'écrit le juriste Philippe de Beaumanoir dans Les Coutumes de Beauvaisis : "Tant qu'ils n'ont pas atteint l'âge de 15 ans, ce sont des enfants." À partir de cet âge, le jeune a le droit de plaider en justice, de conclure une vente, d'être possesseur d'un fief, de devenir chanoine, voire cardinal, de rédiger un testament, de procéder à son élection de sépulture… Il n'est cependant pas pleinement adulte pour autant : les apprentis entre 14 et 25 ans sont par exemple considérés comme "mineurs pubères" le temps de leur subordination à un maître. Dans sa correspondance, un homme de l'aube des Temps modernes, Christophe Colomb, explique à plusieurs reprises que "20 ans, c'est âge d'homme".
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:10

L'essor des villes
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Du repli urbain du haut Moyen Âge…
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L’insécurité généralisée

D’après Henri Pirenne, les conquêtes musulmanes, à partir du VIIe siècle, font de la Méditerranée un “lac sarrasin” et mettent fin au grand commerce entre l’Orient et l’Occident. Cette baisse des échanges provoque le déclin des villes à partir du VIIIe siècle.
Les invasions normandes du IXe siècle entraînent une rupture dans la vie urbaine. Les villes qui subsistent se replient sur elles-mêmes, parfois dans d’étroites enceintes, et n’assurent plus que les fonctions de chef-lieu de diocèse (cité) ou de castrum défensif durant cette période violente.

La cité autour de son évêque
Durant le haut Moyen Âge, le réseau des cités hérité de l’Empire romain s’est maintenu tout en changeant radicalement de fonction. La cité est devenue la résidence de l’évêque (appelé le defensor civitatis), chef-lieu de diocèse et centre de pouvoir du comte. Elle demeure un lieu de consommation de produits rares et luxueux, un lieu producteur de modèles culturels, relayé par des monastères suburbains. Ses enceintes fortifiées lui confèrent un rôle militaire vital en ces temps de troubles.




… à l’essor des villes aux XIe-XIIIe siècles
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Naissance ou renaissance urbaine ?
Les villes, “assoupies” durant le haut Moyen Âge, se réveillent à partir du XIe siècle. Pour certains historiens, à la suite d’Henri Pirenne, la renaissance des villes au XIe siècle serait uniquement liée à la reprise du grand commerce. Les marchands mettent en place un portus ou bien installent leurs entrepôts et leurs activités marchandes dans un faubourg auprès d’anciens noyaux pré-urbains, mais sans relation avec eux. Ce serait donc l’agglomération marchande qui serait le germe de la ville médiévale, comme l’atteste le cas de la ville de Saint-Omer, ville marchande née au XIe siècle à proximité d’une abbaye carolingienne.



Ces dernières années, cette conception a été en bonne partie remise en question. La coupure due aux invasions normandes n’a pas été vraiment constatée et les marchands ne sont pas forcément des étrangers en quête d’aventures lucratives : ce sont souvent des serviteurs issus de l’entourage de l’évêque chargés d’écouler les surplus agricoles ou d’anciens paysans ayant pris goût à cette activité commerciale, d’abord régionale, puis internationale. Les marchands de Paris, Amiens et Metz proviennent de la ville même ou d’un rayon de 30 kilomètres alentour.
De multiples facteurs de développement des villes

Des bourgs neufs ou des faubourgs marchands se créent sur les lieux d’échanges (marchés et foires) et à proximité des vieilles cités épiscopales ou des points fortifiés. Bientôt une enceinte réunit ces deux noyaux urbains en une seule unité, dont les habitants portent tous le nom de bourgeois et bénéficient des institutions communales en plein développement.
Les plus grandes villes prospèrent sur les axes commerciaux actifs, mais aussi au sein des plus riches terroirs agricoles, comme en France du Nord-Est et dans les Flandres. Il est désormais convenu de prendre en compte une multitude de facteurs et de processus dans le développement des villes. Dans certains cas, la ville gallo-romaine a subsisté (notamment dans les régions méditerranéennes) et a été le noyau à partir duquel la ville médiévale s’est étoffée ; dans d’autres cas, on assiste à une création à côté d’une abbaye carolingienne (Saint-Omer,) ou d’un point fortifié, ou encore ex nihilo comme les bastides du Sud-Ouest et les villeneuves du Bassin parisien souvent liées aux grands défrichements.
Des surplus agricoles

La reprise de l’essor urbain dès la fin du Xe siècle ne peut donc plus être uniquement attribuée à la reprise du grand commerce au Nord (Frisons et Scandinaves) et au Sud (Italiens). Une grande partie du mouvement part des campagnes porteuses d’un essor agricole, d’une crue d’hommes et de surplus commercialisables de plus en plus abondants.
Dans tous les cas, le XIe siècle voit la diversification des fonctions des villes, leur naissance ou leur expansion.
Trois types de ville

Dans l’Occident médiéval, les réseaux urbains reposent sur trois types de villes. À la base, un grand nombre de petites villes (quelques milliers d’habitants) vivent du marché hebdomadaire, des travaux agricoles et de quelques activités artisanales. Au-dessus, les capitales de province et de diocèse regroupent des marchands et des artisans plus nombreux, mais aussi des agents du roi ou du prince et de l’évêque pour les cités épiscopales. Enfin, au sommet, les grandes métropoles proposent une gamme diversifiée d’activités commerciales, artisanales, industrielles et financières à une échelle internationale. Paris rivalise avec Venise et Milan, seules villes à dépasser les 100 000 habitants à la fin du XIIIe siècle.
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:11

L'évolution de l'outillage et des techniques agricoles
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Les progrès faits au XIe siècle dans la métallurgie ont permis de rendre plus efficaces et plus solides les outils des paysans, car l'on s'est désormais efforcé de garnir de fer les éléments tranchants des haches, des houes, des fourches, des serpes, des faucilles, des faux, des herses, sans oublier bien sûr le soc et le coutre des charrues.

La charrue
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À côté de l'araire – instrument relativement simple en usage depuis l'Antiquité – , un outil de labour plus puissant, connu déjà, peut-être, à l'époque carolingienne, s'est répandu entre le Xe et le XIIIe siècle dans les plaines de l'Europe occidentale : c'est la charrue. Munie d'un soc analogue à celui de l'araire, la charrue est de surcroît pourvue d'un coutre, "grand couteau vertical placé à l'avant et chargé de tracer la ligne de la raie que va ouvrir le soc" (G. Fourquin), et d'un versoir, pièce de bois ou de métal qui fait se retourner et se rejeter sur le côté la terre du sillon creusé par le coutre et le soc. La charrue, instrument dont on a souvent souligné l'aspect dissymétrique, a sur l'araire, symétrique, des avantages incontestables : elle pénètre la terre plus en profondeur et la retourne ; ce faisant, elle l'ameublit, ce qui favorise la circulation de l'air et de l'eau dans le sol.




Tout ceci vaut surtout pour les sols riches et lourds, comme ceux des plaines de l'Île-de-France et de la Picardie. Au contraire, dans les sols légers et souvent pierreux comme il s'en trouve beaucoup dans le Midi, l'araire suffisait, d'autant plus que, ne retournant pas la terre, "il ne faisait pas remonter les pierres à la surface comme aurait fait la charrue" (G. Fourquin). Il n'est donc pas étonnant que l'araire ait conservé la première place dans le Midi, tandis que la charrue se répandait dans le Nord.
La traction animale
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Un autre domaine a été marqué par des innovations notables, à savoir celui de la traction animale.
Pour les bovidés, animaux de trait par excellence pendant des siècles, l'élément important de l'attelage était le joug. Une première amélioration consista, probablement au tournant des XIe-XIIe siècles, à remplacer le joug de garrot, appuyé sur la nuque de l'animal, par un joug posé sur ses cornes, ce qui augmentait la capacité de traction. Puis, un siècle plus tard, fut introduit le joug frontal, plus efficace encore, et qui est resté en usage jusqu'à nos jours partout où les bœufs continuent à servir de bêtes de trait.




Cependant, en matière de traction animale et d'attelage, la nouveauté capitale a été de recourir aussi au cheval. Longtemps utilisé essentiellement à des fins militaires, le cheval n'était capable par ailleurs que de tirer des charges assez légères, faute d'un attelage adéquat. Le joug (de garrot ou frontal) est en effet peu adapté au cheval parce que l'encolure de celui-ci est relevée et ne suit pas, comme celle du bœuf, l'axe de la colonne vertébrale. En revanche, le collier d'épaule permet d'utiliser pleinement la vigueur du cheval. Cet élément de l'attelage, qui existait peut-être déjà dans l'Antiquité mais sans effet pratique, a commencé à se répandre dans les campagnes de l'Europe occidentale vers les IXe-Xe siècles, et, avec lui, l'usage de la charrue tirée par des chevaux. Ceux-ci, nettement plus rapides que les bœufs, convenaient particulièrement bien aux grandes plaines du nord de la France, de la Belgique et de l'Allemagne. Pourtant, la traction chevaline n'y a pas fait disparaître complètement l'utilisation des bovidés pour le travail de la terre. Les chevaux sont en effet des animaux coûteux à l'achat et à l'entretien, et, s'ils ont eu le plus souvent la préférence bien compréhensible des grands propriétaires, ils ont eu naturellement moins de succès auprès des ruraux moins fortunés ou carrément modestes. D'autre part, les bovidés, de santé plus robuste et au pied plus stable, ont conservé leur place dans les campagnes accidentées et fortement ensoleillées des zones méridionales, concurremment du reste avec les mules et les ânes, qui sont moins chers et à tous égards plus solides que le cheval, et qui supportent, mieux que lui, les fortes chaleurs estivales.
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:11

Les bonnes manières de table


Extrait de Bonvesin de la Riva, Les 50 Contenances de table, Italie, XIIIe siècle. Inspiré de la traduction de P. Mari, et J. Dauphiné, dans Manger et boire au Moyen Âge, tome II, Paris-Nice, Les Belles Lettres, 1984, p. 17-20.



Les bonnes manières pour les enfants de la cour




"À table, montre-toi correct
Courtois, paré, gai, dispos et affable,
Ne te montre pas pensif ou grave ; tu ne dois pas te vautrer,
Ni croiser les jambes, ni te tortiller ou t'affaler."
"Ne te remplis pas la bouche, ne sois pas trop affamé.
Le glouton qui mange avidement, qui mange à pleine bouche
Si on venait à l'appeler, il répondrait avec peine."
"Quand tu as soif,
Avale d'abord ce que tu manges, essuie-toi bien la bouche puis bois.
Le glouton qui boit goulûment avant d'avoir le gosier vide
Dégoûte son compagnon de table qui boit avec lui."
"Tu ne dois pas tendre ta coupe à autrui,
Quand il peut l'atteindre et ne t'a pas fait signe de lui passer.
Que chacun à table prenne la coupe à sa fantaisie
Et, après avoir bu, la repose quand il lui plaît."

"Quand tu manges avec une cuiller, tu ne dois bruyamment siroter."
"Si tu éternues
Ou si te prend la toux...
Pense à être courtois ; détourne-toi
Pour ne pas postillonner sur la table."
"Tu ne dois pas critiquer les plats qui te sont présentés
Quand tu participes au banquet, mais dire que tous sont délicieux."
"Tu ne dois pas regarder dans l'assiette d'autrui, si ce n'est pour t'instruire."
"Ne farfouille pas partout
Dans les œufs ou autres plats du même genre.
Qui, dans son écuelle, fouille, trifouille et farfouille
Est un rustre, et dégoûte son voisin de table."
"Qui partagerait un tranchoir [une planche servant d'assiette] avec une dame
Dois couper la viande à cette dernière."

"Préoccupe-toi beaucoup d'être bon,
Quand ton ami mange à table.
Si tu coupes viande, poisson ou autre bon mets,
Tu dois lui faire cadeau de la plus belle part."
"Si tu manges aux côtés d'un homme illustre
Tant qu'il boit, abstiens-toi de manger."
"Qui veut se moucher à table, avec ses mouchoirs se nettoie
Celui qui mange ou qui sert ne doit pas se moucher avec les doigts ;
Qu'avec une serviette il se nettoie."
"Tu ne dois pas mettre les doigts dans les oreilles, ni te gratter la tête avec les mains."
"De ta main, ne dois caresser
Chaton ou chien tant que tu es à table.
De la main avec laquelle il touche les mets
L'homme courtois ne doit tripoter les bêtes
Ce n'est guère convenable."
"Tu ne dois pas te fourrer les doigts dans la bouche pour te curer les dents.
Tu ne dois pas te lécher les doigts ;
Celui qui se fourre les doigts dans la bouche se les nettoie salement.
Celui qui fourre ses doigts poisseux dans la bouche
Ne les rend pas plus propres, mais plus crasseux."
"S'il te faut parler, ne le fais pas la bouche pleine."
"Si, au cours du repas,
Tu voyais quelque spectacle dégoûtant,
Ne le dis pas aux autres.
Si tu voyais une mouche ou une souillure dans les plats, tais-toi :
Pour que ceux qui mangent avec toi n'en éprouvent pas de dégoût."
"Si ton ami est avec toi,
Tant qu'il mange à ta table, mange comme lui
Si tu t'arrêtais de manger avant qu'il ne soit rassasié,
Peut-être que lui aussi, embarrassé, s'arrêterait de manger."
"Quand tu as mangé,
Fais en sorte que Jésus en soit glorifié."
"Les mains peuvent être lavées de vin peu après le banquet :
De graisse et de souillure se trouvent ainsi nettoyées."
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:12

Marchés, foires et échoppes
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Les marchands longtemps itinérants (on les appelait “les pieds poudreux”) ont besoin de rendez-vous réguliers pour traiter d’affaires en gros volumes. Ce sont les foires qui répondent à cette demande. Elles se multiplient dans les régions animées par le grand commerce international : la Flandre (Lille), l’Île-de-France (Saint-Denis), la Champagne (foires de Troyes, Provins, Lagny et Bar-sur-Aube). Ces dernières dominent le commerce européen aux XIIe et XIIIe siècles.

Le développement des foires de Champagne
________________________________________

Leur extraordinaire développement est dû au dynamisme des comtes de Champagne qui ont tout fait pour canaliser dans leur comté ces flux de marchands. Ils ont amélioré le réseau routier (en construisant de nombreux ponts et en entretenant les routes) et fixé des lieux de foires, dont le calendrier couvre presque toute l’année. Les quatre principales villes (Lagny, Troyes, Provins et Bar-sur-Aube) deviennent des lieux de rencontres commerciales recherchés. Les comtes profitent de cette prospérité en prélevant des taxes sur le passage des marchandises ; en échange, ils accordent leur protection aux marchands (“le conduit des foires” reconnu également par le roi de France) et assurent une organisation exemplaire des transactions.

Un carrefour de l'Europe
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Le maître des foires s’appuie sur une chancellerie chargée de rédiger les contrats de vente marqués du sceau des foires (à partir de 1247) et sur des sergents qui veillent à la régularité des accords. Deux tribunaux, l’un comtal et l’autre relevant du maître des foires, traitent les litiges commerciaux, nombreux dans un monde où la monnaie, les poids et les mesures varient d’une région à l’autre. Les marchands étrangers venus de toute l’Europe sont logés par “nations” dans des pâtés de maisons séparés. Les Anglais vendent de la laine, les Flamands des draps et des toiles, les Italiens des soieries, des épices, de l’alun et des produits de luxe (venus d’Orient). Les marchands du Midi offrent des cuirs et les Allemands des fourrures et des cuirs. Les techniques commerciales les plus élaborées (sous l’influence des Italiens) facilitent les échanges (lettres de change et diverses formes de crédit).
De nouveaux itinéraires
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Mais, au début du XIVe siècle, de nouveaux itinéraires commerciaux délaissent la Champagne. Des Italiens s’établissent en Flandre et en Angleterre, où ils achètent directement les draps. Le marchand sédentaire, représenté dans plusieurs succursales par des facteurs, remplace le marchand itinérant. Paris devient alors, grâce aux Lombards, une grande place financière ; les foires de Champagne périclitent inexorablement, malgré les ordonnances des rois de France pour tenter de les soutenir. D’autres foires émergent : Lyon, Beaucaire, Saint-Denis et le Lendit près de Paris.
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:12

Villageois et paysans
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Ces images sont animées par des villageois, plus souvent par des paysans au travail.


Les enfants et les anciens
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La plupart du temps, les enfants sont absents. C'est seulement dans quelques miniatures du Tacuinum sanitatis qu'ils jouent ou accompagnent leur mère au jardin pour ramasser des légumes ou cueillir des fruits.
Les anciens sont eux aussi oubliés, bien que certains travaux jugés particulièrement importants, comme les semailles, soient réservés aux hommes mûrs dont l'âge est signalé par la barbe.
Les femmes
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La place accordée à la femme dans les illustrations est plus large, mais elle n'est pas en rapport avec son rôle dans la société. En effet, avant le XIIIe siècle, la paysanne n'est figurée qu'exceptionnellement. Est-ce parce que, jusque-là, les calendriers ne comportaient guère que des scènes agraires où l'unique personnage était du sexe masculin, ou plutôt parce que les programmes décoratifs étaient dictés par des religieux, professant quelque méfiance vis-à-vis de la femme ?
Ce n'est qu'au XIVe et surtout au XVe siècle qu'on voit la paysanne se consacrer à différentes activités domestiques, bien qu'elle n'apparaisse pratiquement jamais dans son rôle de mère. C'est surtout le filage qui, comme pour Ève, est son occupation privilégiée : la quenouille ne la quitte pas. Elle participe également à d'autres travaux de la ferme, en particulier elle garde les moutons et les tond, tâche qu'elle partage avec les hommes. Elle a aussi en charge la traite des vaches, la fabrication des fromages et du beurre. Lors de l'abattage du porc, elle recueille le sang dans une poêle, avant de cuisiner les abats. Enfin, elle veille sur la basse-cour, distribue la nourriture et ramasse les œufs. Certains travaux des champs, pour la plupart complémentaires, comme la confection des gerbes au moment de la moisson, l'éparpillement des épis avec la fourche lors du battage ou encore le fanage, sont indifféremment effectués par des hommes ou des femmes, de même que la cueillette des raisins aux vendanges. Au contraire, la récolte des fruits et des légumes est une tâche essentiellement féminine. D'autres besognes, par exemple le sarmentage, sont exclusivement féminines, comme le confirment d'ailleurs les sources écrites. Alors qu'en France et dans les pays méridionaux, la moisson est toujours l'affaire des hommes, elle est dévolue aux femmes dans les calendriers rhénans ou bohémiens. Enfin, c'est aux femmes que revient toujours la charge de l'approvisionnement en eau.






Le paysan au travail
________________________________________
C'est surtout pour les paysans au travail que la documentation iconographique est la plus riche, au moins pour les activités les plus symboliques : l'agriculture, l'élevage et la pêche.
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MessageSujet: Re: diverses infos sur le moyen age   Mar 17 Juin - 19:13

Les travaux des champs
________________________________________




Semailles et moissons
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L'abondance des images témoigne de la primauté de la céréaliculture dans l'économie rurale médiévale. Si, à l'instar d'Adam, le paysan continue, durant tout le Moyen Âge, à défoncer la terre à la force de ses bras, de nombreuses figurations des labours mettent en évidence une répartition géographique et certaines transformations de l'outillage aratoire. L'araire, le plus souvent de type dental, est utilisé surtout dans les pays méditerranéens, alors que la charrue, aux équipements très divers, se répand dans l'Europe du Nord, parallèlement à une évolution de l'attelage.
Dans la mesure où une indication chronologique est perceptible, les semailles ont presque toujours lieu à l'automne. En général, les semences sont contenues soit dans un repli du vêtement, soit dans un tablier de semailles, mais dans les contrées méridionales, elles sont plus souvent transportées dans un semoir en bois ou en osier. D'après les miniatures, la herse, presque toujours tirée par un cheval, se propage à partir du XIIIe siècle, surtout dans les pays riverains de la mer du Nord. Elle précède ou suit le semeur. La moisson, essentielle pour la nourriture quotidienne, est l'une des tâches reproduites avec la plus grande constance. Elle s'effectue en juin ou juillet, avec une faucille dentée ou non, de formes et de tailles très variables. Dans les calendriers, le battage vient immédiatement après. Il se pratique selon différentes techniques : dans les pays au nord de la Méditerranée, le plus souvent le blé est battu en plein air sur l'aire, où deux équipes manient leurs fléaux en cadence face à face. À travers les images, ce ne serait qu'à partir des XIIIe et XIVe siècles que les paysans travailleraient sous une grange en Europe septentrionale. En revanche, en Italie et en Espagne, si le fléau n'est pas ignoré, les épis sont également égrenés sous les sabots des bœufs et des chevaux.
La vigne
________________________________________



La culture de la vigne connaît au Moyen Âge une très large extension. Il est vrai que l'importance liturgique et symbolique du vin, comme du pain, dans le monde chrétien, impliquait une place de choix pour ces cultures dans l'iconographie. De tous les pays européens proviennent des illustrations des différentes tâches qui la caractérisent.
La taille des ceps, en février ou en mars, déterminante pour la production future, est un des motifs les plus fréquents, en particulier dans les calendriers. Le vigneron taille la vigne à l'aide d'une serpe avec ou sans dos tranchant. Les façons, travail moins caractéristique qui se répète plusieurs fois au cours de l'année, sont peu figurées. Selon la nature des sols, la terre est retournée à la houe, plus souvent à la bêche, mais jamais avec un instrument aratoire.
Les vendanges et le foulage comptent aussi parmi les tâches qui ont la faveur des artistes médiévaux. Le raisin est cueilli soit à la main, soit avec une serpette ou un couteau. Paniers, corbeilles, cuveaux ou hottes sont utilisés pour amener la récolte jusqu'à la cuve à fouler où un homme, seul d'ordinaire, piétine les grappes, parfois aidé d'un pilon. Le pressoir à vis apparaît rarement, sauf dans les enluminures de l'Apocalypse ou dans la représentation du pressoir mystique.
Certaines scènes sont moins courantes : ainsi lors de la préparation des vendanges, des vignerons, surtout en Italie, cerclent des tonneaux au mois d'août, tandis qu'en octobre, d'autres paysans complètent le vin des fûts. La plantation de la vigne, le greffage des ceps, la taille des échalas ou encore la dégustation du vin nouveau ne se retrouvent que dans quelques miniatures des XIVe et XVe siècles.

L'élevage
________________________________________




L'élevage tient aussi une place importante dans le répertoire iconographique de l'agriculture ; toutefois, les différentes espèces animales, bien que souvent menées ensemble à la pâture, ne sont pas traitées de manière semblable. Que ce soit dans les programmes religieux ou profanes, les ovins prédominent. Dans les cycles des mois, durant le dernier trimestre de l'année, les porcins occupent le premier plan à travers la glandée et l'abattage. En fait, l'élevage des bovins est plutôt négligé : les bœufs nourris derrière une mangeoire ou en train de paître avec d'autres animaux domestiques, la traite du lait ou la fabrication du beurre sont figurés moins souvent que les bœufs attelés aux instruments aratoires ou encore tirant un charroi. De même pour les équidés, les illustrations relatives à leur entretien sont très minoritaires par rapport à celles qui soulignent le caractère prestigieux de cet animal. En liaison avec l'élevage du gros bétail, la culture des prés est développée surtout dans l'Europe septentrionale : c'est en juin que le paysan s'avance dans les andains et lance sa faux dont le manche est muni ou non d'une ou deux potences, ou bien il aiguise la lame, ou encore il édifie des meules.


Fruits et légumes
________________________________________

La culture des fruits et des légumes n'est guère intégrée dans les calendriers. En revanche, les plantes aromatiques, médicinales ou tinctoriales sont minutieusement reproduites dans les herbiers et les ouvrages relatifs à l'alimentation, à l'hygiène ou à la médecine.
Ces travaux, avec les répits saisonniers, imposent au village son rythme, ponctué par les allées et venues aux champs. Et c'est sans doute ce que nous transmet le mieux l'iconographie médiévale, la vision cinétique d'hommes saisis dans leur vie quotidienne, elle-même soumise à l'impérieuse alternance de ce temps rural.
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